Histoires d’un électrohypersensible

“Quand je réalise le nombre de situations difficiles, inimaginables, parfois enrichissantes, voire insolites, que j’ai traversé et traverse encore, je me dis que tout ça ne peut finir dans l’oubli.
Ces petites histoires, fruit de mon vécu d’électrohypersensible, permettront j’espère, d’ouvrir les yeux sur une réalité grandissante. Des personnes se reconnaîtront peut-être dans certaines situations, et peut-être y trouveront une compréhension.
Si le temps me le permet, j’enrichirai cette page avec d’autres tranches de vie d’Ehs !

chauffage au sol électrique collectif

Satané chauffage !

A l’automne 2020, après avoir fuit la ville, je rentre d’un périple de deux mois passés en campings classiques et chez l’habitant. Pas totalement rassuré, je m’installe dans un nouvel appartement du centre ville d’Annecy. Les mesures électromagnétiques et les installations électriques ne sont en effet pas bonnes du tout, mais grâce à mes nouvelles compréhensions et connaissances, je vais pouvoir vivre à peu près normalement.
Courant novembre, alors que je m’efforce toujours de me rétablir, une nuit s’avère particulièrement douloureuse, avec le déclenchement de spasmes musculaires, battements irréguliers du cœur, ressentis anormaux de pression sanguine, insomnies totales, etc… Le niveau d’ondes hautes fréquences de cet appartement est faible dans la partie où je dors (canapé du salon) et le courant est totalement coupé la nuit (chauffage et frigo inclus), mais je sors quand même mon appareil de mesures. Je découvre un champ magnétique faramineux présent dans tout l’appartement, du sol au plafond, environ 900 nT (Nanotesla) pour une norme qui recommande 100 nT au maxi (nous verrons plus loin que pour moi, et surement d’autres, ces 100 nT sont encore trop forts). Le lendemain, j’appelle le “concierge” de l’immeuble qui m’annonce avoir démarré le chauffage au sol électrique la nuit même, et s’étonne que j’en sois informé.
Me voilà donc aux prises avec un chauffage collectif imposé à tout l’immeuble, que l’on ne peut gérer individuellement et fonctionnant techniquement par blocs de plusieurs appartements. Je suis inquiet car les nuits sont pour moi la clé de ma survie en ville. Je vais alors contacter le syndic qui, après m’avoir fait tourner en rond plusieurs jours, m’annoncera ne rien pouvoir faire, et en tout cas, pas avant mars 2022, c’est à dire fin de l’hiver, et cela à mes frais (environ 700 €). Dès lors, je passe des nuits difficiles, j’arrive à dormir de minuit à 3h du matin environ, pour ensuite devoir me lever, rester assis ou debout jusqu’au matin, en devant alterner des positions (l’immobilité, en présence de champs électromagnétique, empire les conséquences et ressentis). Ma santé dégringole et mon Ehs augmente, tout le travail fait cet été est en train de partir en fumée… A ce moment-là, j’enverrais une bouteille à la mer à différents groupes d’Ehs et associations, mais au final, sans résultat concret.
J’ai la sensation d’être dans une situation de non assistance à personne en danger, où tout le monde s’en fout et personne ne me croit vraiment. Je décide alors de ne pas me laisser aller dans ce déclin, et je fait appel à un ami d’enfance électricien. Après lui avoir expliqué la situation, nous décidons, tels des braconniers, d’intervenir dans les réseaux électriques de l’immeuble: au rez-de-chaussée (mon étage) , nous allons découvrir une colonne avec différentes connexions électriques attribuées au chauffage; mon ami va déconnecter l’ensemble des fils. Le soir, je vais constater une baisse importante de l’émanation, près de 500 nT, le reste du champ devant parvenir de l’étage. Seul, je trouve à l’étage un boitier électrique, et après des essais éreintants et stressants (je monte et descends discrètement chaque soir à partir de 23h, déconnectant les fusibles un à un pour redescendre vérifier les mesures), j’arrive à couper l’appartement du dessus. Avec tout ça, j’arrive à descendre à une valeur de 100 nT et souffre un peu moins. Malheureusement les symptômes sont toujours là, et surtout, les voisins du rdc n’ont plus ce complément de chauffage, et cela risque de se ressentir.
Quatre jours plus tard, un des propriétaires se plaint auprès du concierge, qui fait rapidement le lien avec moi. Après avoir plaidé ma cause, je négocie avec lui, un peu de temps, pour trouver les deux seuls fils du rdc attribués à mon appartement (1 sur 8 connexions), ce qu’il accepte (difficilement) et surtout en se dédouanant de toute responsabilité. Après avoir tout reconnecté (donc je repasse à environ 500 nT), chaque jour je vais clandestinement agir fil par fil (pour info je ne suis pas électricien), jusqu’à trouvé le bon au bout du cinquième jour (j’agis la journée et je vérifie la nuit). Au final, j’ai neutralisé les appartements concernés du rdc et du dessus (des Américains absents l’hiver), mais malheureusement il reste des valeurs de champ magnétique. Sans y croire vraiment, sur l’hypothèse d’une connaissance, je passe au 2ème étage et disjoncte l’appartement du dessus avec le même protocole, et surprise, ce champ magnétique émanait jusqu’au rdc !

Pendant environ trois mois, je vais pouvoir dormir avec 30/40 nT, m’empêchant d’être totalement au repos, mais m’autorisant à dormir.
Fin janvier, les symptômes réapparaissent en même temps que les 100 nT. Au 2ème étage, j’avais disjoncté seulement le cinquième fusible des 4 appartements, donc à priori, sans nuire aux habitants, mais visiblement à tort. En effet, un des voisins s’est aperçu du phénomène, et réarme le fusible, à 4h, j’interviens dans la nuit pour tenter de finir ma nuit, mais je sais que cette fois ce sera la dernière, avant que la situation s’envenime. Le lendemain, jour d’hiver, je n’ai pas d’autre choix que de préparer mes affaires pour tenter d’aller vivre dans mon nouveau camping-car, vieux vaisseau que je viens d’acquérir par anticipation pour environ 5000 €, tout juste apte à l’utilisation. Le lendemain même, je reçois un message sévère de la part du syndic, stipulant l’inégalité et le désagrément de mes éventuelles actions.
Après quelques semaines en camping-car, j’ai pu rapidement constater que ma santé s’améliorait, loin de ces petits 30/40 nT qui venaient encore me traverser la nuit…

L’histoire prend donc fin ici, et même si je suis désolé pour la gêne occasionnée, je retiens deux choses de cet épisode :

  • Un grand nombre d’immeubles, en France et ailleurs, des années 70 et autour, sont équipés de ce principe de chauffage au sol collectif électrique. Les habitants subissent, sans en être conscients, la nocivité de champs électromagnétiques puissants, qui affectent indéniablement leur bien-être et leur santé. Ceux-ci diffusent la nuit (au lieu de la journée pour bénéficier des heures creuses EDF), souvent de 22h30 à 6h le lendemain, par intermittences de 30 mn, presque 1000 nT pendant près de 6 mois d’hiver, tout ça sans en avoir le choix, ni la conscience.

  • Pendant ces mois d’hiver, j’ai réellement été en danger, puisque dans l’impossibilité de trouver un autre logement (Ehs et au chômage) avec une santé qui se dégradait fortement. Face à cette réalité de personne en souffrance (cela était physiquement visible), aucune des institutions ou personnes rencontrées n’ont su privilégier l’entraide aux protocoles et croyances établis par notre société actuelle…


Mes meilleurs ennemis…

Tout au long de mes 18 mois d’errance médicale, je n’ai cessé de consulter toutes sortes de spécialistes, ceci afin de me soulager et tenter de comprendre. Chez la plupart d’entre eux (ostéopathes, kinésiologues, médecins divers, énergéticiens, radiologues, ophtalmologues, etc…), j’étais le plus souvent allongé sur une table, ou parfois entouré d’appareils électriques divers. Chacune de mes consultations me rendait anxieux, car sans comprendre pourquoi, une fois sur deux, je finissais par me sentir mal, au point d’interrompre la séance.

En fait, je ne le savais pas à cette époque, mais mon malaise était le fruit de champs électromagnétiques, émis le plus souvent par les tables de soins électriques ou autres couvertures chauffantes. Comment imaginer que l’ensemble de ces spécialistes, là pour prendre soin des gens ou les soigner, utilisaient du matériel à l’origine de nocivité pour notre corps ? A cela venait s’ajouter les autres pollutions telles que le téléphone, le wifi, le Bluetooth ou encore le réseau électrique 50hz (chauffage, éclairages, etc…).
Aujourd’hui, il existe des études, dont une faisant référence à l’ostéopathie, qui démontre que le corps intègre mieux le soin en l’absence de pollution électromagnétique, il est de bon sens de penser que cette loi s’applique à tous les soins.

Dans un futur proche, je me laisse rêver à pouvoir vivre un soin dans un établissement dépollué :
Ici “Bien-être électromagnétique”


Septembre 2020, on me propose d’aller voir le film “Tenet” au cinéma. A cette époque je ne suis pas conscient de mon électrohypersensibilité, je sais juste que de me rendre dans certains endroits fréquentés et clos, peut me déclencher des angoisses et symptômes divers. Mais, histoire d’affronter ses peurs, j’accepte la proposition.

Le jour J, le cinéma est plein, et je me débrouille pour être placé près de la sortie. A peine assis, une douleur s’installe progressivement sur la gauche de mon ventre, je comprends alors que le temps va me paraitre long. Afin de supporter les symptômes, je vais devoir respirer fort et m’appuyer puissamment sur la douleur. Au bout d’une vingtaine de minutes, je suis en sueur et le visage crispé. Je résiste, chaque minute qui passe, pour ne pas partir avant la fin de la séance, mais le film est interminable. De plus, la bande son du film est terriblement stressante et agressive, et malheureusement, mon hyperacousie (pathologie incomprise à cette date) me fait également souffrir.
L’amie qui m’accompagne alors, réalise pour la première fois, la réalité et l’intensité de mes souffrances. Deux heures et trente minutes de souffrance pour un simple film, j’en conclus tristement que le cinéma ne fera plus partie de ma vie…

C’est bien plus tard que je ferai la liaison entre ces douleurs et mon Ehs, avec ces dizaines de téléphones mobiles présents dans la salle. Mais ce qui expliquera cette douleur, plus forte qu’à l’habitude, c’est l’utilisation d’un brouilleur d’ondes ! Cet appareil, très puissant, qui est utilisé dans certains lieux publics pour neutraliser les sonneries des téléphones et déchirer les entrailles des Ehs !

Arrête ton cinéma !


Même plus lire !

Courant l’année 2020, au cours de mon ‘burn-out électromagnétique”, je suis au plus haut de mon électrohypersensibilité inconsciente, et ne peux plus utiliser un ordinateur ou un téléphone. Dans mon réflexe de survie, j’ai besoin de comprendre un tas de choses, mais ma privation d’accès aux sources d’informations internet est un vrai supplice.

Je m’oriente alors sur la lecture papier, mais je découvre, dès mes premières tentatives, que la aussi je ne vais pouvoir m’exercer. En effet, équipé de mes lunettes (vue de près), je ne peux lire sans ressentir, dès les premières minutes, une augmentation de mon rythme cardiaque, une pression sanguine tambourinant dans la tête, et un dérèglement de mon système nerveux, tout ça me faisant me sentir très mal. Démoralisé, j’en conclu que la lecture n’est également plus possible, émettant l’hypothèse que mon épuisement empêche l’usage de mes yeux .

Je vais rester des mois sans pouvoir utiliser, ni un ordinateur, ni un téléphone, ni un livre pour essayer d’avancer dans mes recherches, mais heureusement, je vais avoir l’idée de me rabattre sur des solutions audios (livre audio, narrateur internet, etc…).

Suite à un entretien téléphonique avec le Dr Gérard Dieuzaide (chirurgien dentiste à Toulouse), je vais réaliser que mes lunettes étaient l’objet de mes maux. En effet, la monture métallique (et la composition de certains verres pour le Dr Dieuzaide) jouait le rôle de récepteur électromagnétique venant m’électriser le corps (et surtout la tête). Dès lors, j’ai fait l’acquisition de lunettes en “plastique”, mais malheureusement celles-ci se sont avérées contenir encore du métal dans les branches (incompréhension du vendeur). N’ayant pas les moyens financiers pour en commander de nouvelles , j'ai alors recouvert les branches d’un tissu anti-ondes, et j’ai pu constater une nette amélioration. J’ai également essayé plusieurs paires de lunettes de vue premier prix, 100% plastique, que l’on trouve dans les pharmacies, sans rajouter de tissu de protection, et là aussi, disparition des symptômes.

Pour conclure, à cause de la méconnaissance du phénomène, je suis resté plus d’un an sans pouvoir lire ! J’espère que ce témoignage pourra servir à faire gagner du temps à quelques autres électrohypersensibles.


A l’insu de son plein gré…

Prochainement….